Syndicat CGT de la Centrale de Provence
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Conflit social après l’annonce de 54 licenciements dans une usine de thé
Clément Perrouault | Le Monde le 4 janvier 2007 /
jeudi, 4 janvier 2007
/ Clément Perrouault / journaliste au quotidien Le Monde

Les salariés de l’usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône) se sont mis en grève et ont arrêté leur production, mercredi 3 janvier. Ce mouvement fait suite à l’annonce, par la direction, d’un plan social comprenant 54 licenciements parmi les 246 salariés. Les thés et infusions Lipton et Eléphant produits dans l’usine sont destinés au groupe agoralimentaire anglo-néerlandais Unilever (lessive Skip, sauces Amora et Maille, fromage Boursin, glaces Miko et Magnum, soupes Knorr, dentifrice Signal...).

Mercredi 3 janvier au matin, les représentants syndicaux ont rencontré la direction, à l’occasion d’un comité d’entreprise exceptionnel. "Il n’est pas question d’avoir des licenciements secs sur le site, a martelé Gérard Cazorla, secrétaire CGT du comité d’entreprise. Nous voulons discuter de l’avenir de l’usine et obtenir une gestion prévisionnelle des emplois et des effectifs, avec une visibilité sur cinq ans." Le directeur du site, Jean-Luc Laurent, a répondu n’avoir "pas de visibilité sur plus de deux ans".

UN SITE TROP COÛTEUX ?

Selon le groupe, l’usine de Gémenos est la plus chère parmi celles que compte Unilever en Europe, dans le secteur des thés et infusions. "Nous voulons redonner de la compétitivité au site de Gémenos", a expliqué Sophie Jayet, directrice de communication d’Unilever France, qui assure que "ce plan est absolument indispensable pour sauvegarder l’usine". "Nous sommes dans une volonté de dialogue et nous avons proposé aux syndicats de discuter des mesures du plan social", a-t-elle assuré.

De son côté, la CGT affirme, au contraire, que le site est "rentable". L’usine Fralib aurait, selon l’organisation syndicale, distribué 2,2 millions d’euros d’acompte aux actionnaires cette année. Par ailleurs, les syndicalistes mettent en avant les différences entres les usines européennes. "En même temps que notre baisse de production, des augmentations de la production sont annoncées à Catovice (Pologne) et Bruxelles", indique Gérard Cazorla. "Les différences de coûts de production annoncés par la direction sont normales, ajoute le syndicaliste. Notre usine a des capacités spécifiques qui lui permettent de fabriquer plusieurs produits différents. A Bruxelles, par exemple, les lignes sont moins diversifiées. On ne peut pas comparer une 2-chevaux avec une Roll’s Royce !"

REPRISE D’ACTIVITÉ JEUDI 4 JANVIER

A l’issue de la première matinée de négociations, mercredi, direction et salariés ne sont pas parvenus à trouver un accord. La CGT a cependant annoncé une reprise de la production et une suspension de la grève, jeudi. "Nous sommes prêts à discuter avant de nous lancer dans un conflit long et dur, explique Gérard Carzola. S’il n’y a pas d’évolution, nous irons vers un blocage plus dur. Mais pour le moment nous envisageons surtout des actions au coup par coup. Une action commune avec toutes les usines de France d’Unilever (4 600 employés) pourrait être organisée à Paris, entre le 20 et le 25 janvier." Une nouvelle rencontre entre syndicats et direction pourrait se tenir vendredi.