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Christophe Deroubaix | L’Humanité du 17.09.2009

À Marseille, la réparation navale repart

vendredi 18 septembre 2009 par Christophe Deroubaix
UNM . L’activité de l’entreprise mise en liquidation judiciaire en mars pourra redémarrer sur la base d’un projet validé par l’État.

La réparation navale marseillaise n’est pas morte, elle bouge encore. Donnée comme moribonde après sa mise en liquidation judiciaire, le 10 mars dernier, par le tribunal de commerce, l’UNM (Union Naval Marseille) a trouvé les moyens de se relancer. Au terme d’une table ronde, lundi soir en préfecture, un accord s’est dégagé qui permet la poursuite de l’activité. Il s’agit, en fait, d’un mixage entre deux projets : celui de la CGT et celui des sous-traitants. Ces derniers ainsi que les salariés vont donc devenir actionnaires de l’entreprise. Les pouvoirs publics ont acté ce « scénario ».

« C’est une grosse avancée. Et c’est bien parce que les salariés sont restés mobilisés que l’on a pu en arriver à cette solution », rappelle Olivier Mateu, en charge du dossier à l’union départementale CGT. Les 130 salariés n’ont en effet jamais baissé les bras depuis le début de l’année. En janvier, après avoir constaté l’utilisation massive, par le groupe Boluda, dans le style Bolkestein, de la sous-traitance et d’une main-d’oeuvre étrangère sous-payée, ils lançaient une grève. Deux mois plus tard, le groupe espagnol mettait la clé sous la porte. Le sort de la dernière entreprise de réparation navale lourde à Marseille - et plus largement, sur la façade méditerranéenne - semblait scellé.

Mais, au printemps, avec le syndicat CGT, les salariés avancent une proposition alternative. S’appuyant sur la proposition de Marie-George Buffet de constitution d’un GIE (groupement d’intérêt économique), dans lequel les collectivités territoriales trouveraient leur place, repoussée par l’État au nom de l’absence d’opérateur industriel, Bernard Thibault propose que la DCNS, héritière de la direction des constructions navales et toujours détenue par l’État à 75 %, soit le repreneur en question. Matignon demande à Christine Lagarde d’y regarder de plus près. Mais douche froide en juin : le gouvernement repousse cette hypothèse. Parallèlement, des entreprises sous-traitantes créent le GEPAM (Groupement des entreprises du Port autonome de Marseille), qui présente un plan de reprise.

En août, Patrick Castello, responsable CGT de l’UNM, imagine la création d’une « structure temporaire ». Le cabinet Secafi Alpha est mandaté pour monter le projet. Finalement, en cette rentrée, une piste d’atterrissage apparaît. L’État, via son préfet, donne le feu vert à ce montage. « Tout le monde doit jouer le jeu maintenant. Aux décideurs de tenir leur engagement », pointe Olivier Mateu. Mais pour la CGT, cette avancée ne constitue pas une fin en soi. « L’objectif final reste toujours de trouver un repreneur industriel », indique le responsable syndical. L’appel d’offres lancé par le Grand Port maritime de Marseille (GPPM) pourrait déboucher, en octobre, sur une reprise définitive. En attendant, une fois les détails techniques finalisés, les salariés qui occupent le site depuis plus de six mois y resteront, mais avec du boulot, désormais.

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